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Interruption après Motsi  – Rav Yoël Hattab

Interruption après Motsi

Question

Si après avoir fait Netilath yadayim et Motsi (et mangé la quantité de pain nécessaire) , on reçoit un appel important et on sort de la maison pour prendre l’appel. Est ce que, après être revenu, on devra procéder à nouveau a l’ablution des mains et dire la bénédiction de Hamotsi ? S’agit-il d’une interruption ? (Interruption après Motsi)

Réponse

Il est rapporté dans le traité talmudique Pessahim  une discussion entre Rav Hisda et Rav Chéchéth.

Pour ce qui est de la Halakha, le Rif, le Rambam , le Rambane et le Rachba tranchent comme Rav Chéchéth. Par contre, le Roch  tranche la Halakha comme Rav Hisda, par extension, cette problématique touchera uniquement les aliments auxquels la Bénédiction finale est Boré Néfachot, et non pas pour un repas à base de pain par exemple. Comme à son habitude, Maran Hachoulhan Aroukh  tranche comme deux des trois piliers de la Halakha : le Rif et le Rambam. Ainsi, même après être sorti durant un repas à base de pain, la personne fera à nouveau la bénédiction de Hamotsi. Le Rama quant à lui, tranche la Halakha comme le Roch.

Selon cela, on devrait dire que les Ashkénazim suivront le Rama et les Séfaradim le Choulhan Aroukh : refaire la Bérakha à chaque sortie, même durant un repas à base de pain !

Cependant, nous avons une généralité importante du Hida  au nom de ses Maîtres : en cas de doute sur une Bérakha, on devra être plus souple, même à l’encontre du Choulhan Aroukh (voir plus bas, une autre précision à ce sujet : dans un cas de coutume). Avant ce Hidouch du Hida, tout le monde suivait à la lettre les Halakhot du Choulhan Aroukh, même sur les Bérakhot. Cette généralité est surprenante, car si un jour une personne vient demander à son Rav la Bérakha que l’on doit faire sur les Bamba, et qui lui répond « Adama », l’élève ne dira pas en cas de doute sur une Berakha « je fais Chéakol »; c’est l’avis de son Rav qu’il suivra même pour les Bérakhot. Mais étant donné que le Hida a dit cela, les décisionnaires qui suivirent allèrent aussi dans ce sens, comme Rabbi Haim Faladji , le Ben Ich Hai  et d’autres encore. Cette généralité a fait l’unanimité chez ces décisionnaires, car c’est grave de dire une bénédiction en vain. Comme d’ailleurs la Guémara du Traité Chévouot (39a) nous l’apprend : le monde entier fut secoué lorsqu’Hachem prononça le commandement « Lo Tissa ét chém Hachem Elohékha lachav, tu ne prononceras pas le nom d’Hachem ton D.ieu en vain » ce qui n’est pas le cas des autres commandements. Pour quelle raison ? Car cela définit la crainte qu’a une personne vis-à-vis d’Hachem, n’osant pas faire cela. Ainsi, on suivra cette généralité.

C’est pour cela, que même les Séfaradim suivront l’avis du Rama. On ne refera donc pas la Bérakha de Hamotsi, après être sorti de la pièce et être revenu. Tel est l’avis de Rabbi Itshak Faladji dans son livre Yafé Lélév , ainsi que le Ben Ich Hai  et le Kaf Hahaim . Nous tranchons la Halakha De cette manière.

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